LES NON-DITS DE VERSAILLES
 
-1 Le désordre dans ma famille politique. Le spectacle de dispersion et d’indiscipline étalé par le Parti Socialiste a été désolant. Il faut espérer que la page sera vite tournée mais il ne faut pas croire que des traces ne subsisteront pas.
 
-2 L’hypocrisie latente. Hier, voter non à la révision de la Constitution n’obligeait absolument pas le Président de la République à convoquer un référendum. Il interdisait celui-ci purement et simplement. Car pour ratifier il fallait réviser, que la ratification soit parlementaire ou référendaire. Ce fut fait pour Maastricht en 1992.
 
-3 L’arrière-pensée permanente : ceux qui réclamaient un référendum s’appuyaient sur la démocratie comme si le Parlement n’était pas démocratique. Mais l’espoir était que les Français rejettent le traité et ainsi torpillent définitivement l’Union européenne.
 
-4 L’absence d’attention aux autres peuples : je n’ai entendu personne rappeler que les Espagnols et les Luxembourgeois avaient dit oui par référendum à la Constitution européenne. Ils vont ratifier le nouveau traité par voie parlementaire et cela ne fait pas de problème. Mais il doit y avoir les bons peuples qui disent non et les mauvais qui disent oui !
 
-5 L’absence de responsabilité dans l’examen d’un second non français. Car un second vote négatif, qu’il soit référendaire ou parlementaire, ne peut  pas constituer un veto pour les 26 autres peuples. Ceux-ci ne sont pas à nos ordres. Ce serait une prétention insupportable pour eux. Avec un second non, la France devrait accepter de s’éloigner de l’Europe et laisser les autres poursuivre sans nous.
 
Chacun doit avoir suffisamment d'imagination pour envisager la suite.
 
le 05/02/08
Bernard Poignant
Député au Parlement Européen
http://www.europinion.org