Chère Camarade,
Cher Camarade,
 
Les élections municipales et cantonales ont été, pratiquement partout dans le pays, un grand succès pour notre Parti et pour la gauche toute entière.
Mais chez nous, paradoxalement, nous avons subi quelques revers, tant aux municipales qu’aux cantonales, même si en maints endroits, notamment à Limoges, les électeurs ont continué à nous manifester leur confiance et l’ont même amplifiée. Ainsi, nous avons laissé quelques plumes au profit de nos adversaires de toujours, et aussi de dissidents ; ceux-ci ont sans doute été encouragés dans leur attitude par l’impunité dont ont bénéficié quelques petits ou grands chefs indisciplinés, notamment à l’occasion des débats sur l’Europe.
Nous pouvons remercier les médias locaux d’avoir été relativement discrets sur nos déboires… Maintenant, il est du devoir de tous les responsables, de tous les élus et de tous les militants de réfléchir, individuellement et collectivement, sur les raisons de nos insuccès et d’en tirer des enseignements afin que cela ne se renouvelle pas à l’avenir.
Le cru 2008 ne doit pas être le début d’un affaiblissement de notre fédération mais, conscience prise, l’occasion d’un rétablissement.
 
Nos grands succès, dont je ne vous dresserai pas la liste, -vous les avez tous à l’esprit-, vont nous permettre de préparer sereinement les échéances à venir. Notre Congrès vient en premier, début novembre, et nous avons l’ardente obligation de le réussir.
On entend ça et là quelques bonnes âmes déclarer qu’il ne faut pas de présidentiable à la tête du Parti : cela revient à dire que, pour préparer les échéances majeures, le PS devrait avoir un second couteau à sa tête… Belle stratégie de gribouille !
Ne mélangeons pas l’ordre des étapes : pour le moment, il s’agit uniquement de mettre au point nos idées, notre programme, et de constituer nos équipes dirigeantes -nationale et fédérales-. Ces tâches accomplies, la question du leadership se règlera aisément.
 
Quant à l’échéance de 2012 -la présidentielle-, la qualité des engagements et le travail effectué d’ici là nous indiqueront clairement qui nous devrons désigner pour ce combat.
 
Bien amicalement.
                                                                                   
 
Jean-Pierre DEMERLIAT                                                           
 
 
 
PS : Pour contribuer au débat qui s’ouvre, je prends la liberté de te faire parvenir une tribune que Lionel JOSPIN a donnée au journal « Le Monde » le 22 mars 2008 ainsi que l’intervention de Bertrand DELANOE devant le Conseil national du PS le 25 mars dernier.