Le libéralisme politique repose sur le respect et la mise en œuvre des libertés individuelles ainsi que sur un système politique démocratique. C’est une doctrine d’affranchissement de l’homme, née dans l’Europe des Lumières, et, comme son nom l’indique, une idéologie de la liberté, qui a permis l’accomplissement de grandes conquêtes politiques et sociales. Le principe en est simple : il n’y a pas d’oppression juste, il n’y a pas de chaîne qui ne doive être brisée, il n’y a pas de légitimité, ni donc de fatalité, à la servitude.
Le libéralisme économique est une invention des conservateurs qui ont dévoyé le mot. Il a pour fondement le libre échange et la libre concurrence. Il récuse l’intervention de l’Etat dans la vie économique et sociale. C’est l’idéologie du laisser-faire économique et de la perpétuation des privilèges dans ce domaine.
Historiquement, le libéralisme est donc l’attachement aux libertés individuelles et politiques. Les libéraux s’opposèrent à la politique des gouvernements ultra-conservateurs et réactionnaires de la Restauration. En politique, le contraire de « libéral », c’est « conservateur ».
Dans le domaine économique, le sens du mot a été galvaudé. La liberté dans ce domaine, c’est surtout celle du renard libre dans le poulailler libre.
Sur le plan de l’évolution des mœurs, qui se situe dans le domaine politique, les libéraux de gauche et de droite se sont notamment battus en faveur de la contraception, pour le droit à l’avortement. Lucien Neuwirth et Simone Veil sont, eux, des libéraux dans les deux sens du terme -le bon et le mauvais-, puisqu’ils sont également des tenants du libéralisme économique.
Le défunt, et regretté pour certains, Mao Tsé-Toung n’était libéral, lui, dans aucune des deux acceptions.
En supprimant la peine de mort, François Mitterrand (qui n’était pas, lui, un adepte de la démocratie démagogique) a été libéral dans le bon sens du terme tout en étant anti-libéral sur le plan économique.
Cette polémique sur les sens des mots « libéral » et « libéralisme » oppose aujourd’hui, une fois de plus, au PS, ceux -celle- qui s’adressent d’abord à l’affect de leur public, simplifient les problèmes jusqu’à la caricature et ceux pour qui l’action politique se construit autour du respect, de la rigueur et de l’honnêteté.
Cela m’afflige un peu qu’au sein du PS, l’on puisse utiliser l’inculture supposée de certains de nos camarades pour tenter de les induire en erreur.
Le mot libéral a été détourné de son vrai sens par les grands privilégiés et pour leur plus grand profit.
A nous de lui rendre sa noblesse.
Ce n’est pas parce qu’un voyou m’a volé ma montre qu’elle est désormais la sienne et que je ne doive rien faire pour la récupérer…