Nous avons tous beaucoup d’estime, de respect et d’admiration pour Robert Badinter.

Son combat contre la peine de mort, comme avocat dans de nombreux procès d’assises, comme polémiste et enfin comme ministre de la Justice a forcé l’estime de tous, y compris de ses adversaires politiques. Les abolitionnistes lui seront éternellement reconnaissants d’avoir mis la guillotine au rancart, et ce, contre l’opinion d’une majorité de nos concitoyens. Il est de ces hommes politiques, trop rares, qui mènent les combats qu’ils croient justes, les combats pour la justice, sans se soucier de l’air du temps.

C’est aussi un remarquable pédagogue, qui sait expliquer avec des mots simples, un raisonnement sans faille, les situations les plus complexes et à première vue incompréhensibles pour le commun des mortels.

C’est pourquoi beaucoup de ses amis ont été étonnés qu’il ait proposé, lui, le grand juriste, lui, l’avocat rigoureux, lui, l’ancien Président du Conseil constitutionnel, de faire revoter, pour l’élection du Premier Secrétaire du PS, là, et là seulement où les résultats apparaissaient comme entachés d’un doute. En effet, lorsque, pour des élections politiques, les résultats sont déclarés non conformes, par les instances compétentes, aux règles établies, il y a annulation de l’élection. L’on revote alors dans l’ensemble de la circonscription et non pas uniquement dans les bureaux où il y a doute, erreur ou fraude.

Nous sommes donc nombreux à ne pas très bien comprendre le sens de la proposition qu’il a faite au lendemain du second tour, très certainement parce que les médias n’ont pas rapporté l’intégralité de sa démonstration.