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.de Jean-Pierre DEMERLIAT

de Jean-Pierre DEMERLIAT

30 03 2009

A propos de parachutage…

Le Populaire du Centre, dans son édition de samedi, m’a fait l’honneur – rare –, de citer un de mes souvenirs, publié ici-même, il y a peu. Je me dois, mais peut-être était-ce le jeu, d’apporter quelques précisions.

En 1973, non seulement Georges Sarre avait été parachuté, pour les législatives, sans véritable concertation avec les Socialistes limousins mais il avait aussi, d’entrée, fait part de son intérêt à court terme pour la mairie de Limoges, ce qui n’eut pas forcément l’heur de plaire à Louis Longequeue… Celui-ci, selon un commentateur de l’époque, s’il était « un Socialiste modéré, n’était pas modérément socialiste ». Il respectait trop son Parti, lui, pour combattre l’un de ses candidats. Il n’avait donc pas « savonné la planche » à Sarre, même s’il ne lui avait pas apporté un soutien excessif, que le candidat n’avait d’ailleurs pas demandé, souhaitant ne devoir sa future et indubitable victoire qu’à lui-même et à ses thuriféraires locaux du moment. (Cherchez et vous trouverez…).

Sarre avait mis un atout de plus dans son jeu pour succéder à René Regaudie, lequel avait volontairement renoncé à briguer sa propre succession – comportement suffisamment rare pour ne pas être salué….
En effet, notre homme avait commis une autre grande habileté : postier à Paris, il y était le grand leader de quelques dizaines de ses collègues socialistes (dont des Limousins – cherchez encore…) qui constituaient là-bas les troupes de choc du CERES ; sous sa conduite éclairée, la quasi-totalité de ses camarades, jusque-là comme lui presque tous syndiqués à FO, étaient passés avec armes et bagages à la CFDT, syndicat réputé plus « moderne » et plus « à gauche » – à vous de juger.
Cette fine manœuvre eut lieu quelques temps avant son débarquement chez nous, où les Socialistes adhérents à FO étaient – et sont encore – fort nombreux et influents.
Et ce qui devait arriver, arriva : « on » fendit l’oreille du « traitre ».
De mauvaises (?) langues prétendent que ce fut la première et unique fois où certains de nos amis de FO ont voté communiste dès le premier tour d’une élection…

Il fallut huit longues années émaillées de nombreuses (et savoureuses, pour les initiés…) péripéties et surtout l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République pour que le PS récupère « sa » circonscription…

Méditons, méditons ; espérons…

13 03 2009

EUROPEENNES, ENCORE...

Parmi les nombreuses raisons d’espérer que donne le PS, on peut citer en premier la justesse d’analyse de ses militants lorsqu’ils s’impliquent collectivement.
Ainsi, dans le Rhône, ils n’ont pas suivi le grand féodal local qui leur demandait, pour conforter son ego, de rejeter la liste soumise à leurs suffrages par les instances nationales du PS et en Limousin, et plus particulièrement en Haute-Vienne, une analyse politique réfléchie les a conduits à refuser massivement la liste proposée.

Trois raisons ont déterminé ce vote ; je les cite sans hiérarchie.
Tout d’abord, la non-reconduction de Jean-Paul Denanot : en effet, Jean-Paul, à la tête de l’exécutif régional, a su acquérir chez nous, depuis 2004, un important capital de sympathie, si bien que certains pourraient trouver étrange que les Socialistes, qui l’apprécient et l’aiment comme Président de la région, veulent lui faire quitter son poste pour l’envoyer à Strasbourg et Bruxelles.
Ensuite, même si le fait est un peu ancien, il convient de le rappeler : les Haut-viennois sont vaccinés contre tout parachutage depuis qu’on leur a imposé Georges Sarre aux législatives de 1973 dans la circonscription Limoges Sud-Est, circonscription imperdable et qu’il a brillamment perdue…
Enfin, et peut-être surtout, le Limousin n’avait aucun représentant sur cette liste, ni en position de titulaire, ni comme suppléant. Les Haut-viennois, les Creusois et les Corréziens en ont été particulièrement meurtris, eux qui apportent au PS le plus grand nombre de militants et d’électeurs de la grande circonscription.

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11 03 2009

EUROPEENNES, SUITE...

Les instances nationales du Parti m’ont fait parvenir, ainsi qu’aux autres parlementaires, pour information, ce courrier adressé à la fédération de la Haute-Vienne.
Si je peux en comprendre la logique et l’argumentation et même faire miens la plupart des thèmes développés, il n’empêche que la direction nationale avait l’ardente obligation de faire en sorte que les trois régions soient représentées et ce, aux trois premières places…



Cher Camarade,

Nous avons pris connaissance de la lettre envoyée aux militants de ta fédération , ainsi que de la motion du Conseil fédéral. Il nous a semblé nécessaire de revenir sur le processus d’élaboration de nos listes.

D’abord il convient de souligner que le Conseil national du 28 février a adopté à l’unanimité notre texte d’orientation pour changer l’Europe. Cette unité retrouvée sur une question qui a divisé les socialistes est décisive. Elle nous semble majeure dans la période où le Parti Socialiste redevient audible après le Congrès et au moment où notre rassemblement est capital face à la politique de Nicolas Sarkozy. N’oublions jamais le principal : les Français ont besoin du Parti Socialiste face à la dureté de la crise, de notre opposition et de nos propositions.

Revenons à l’adoption de nos listes.

Pour la composition de celles-ci, la commission électorale avait défini à l’unanimité, avant même de parler de candidatures, quatre critères forts : le non-cumul des mandats, la parité, la diversité, le renouvellement, tout en respectant un certain équilibre entre députés sortants expérimentés et nouveaux élus. Bref, nous sommes entrés dans cette phase d’élaboration de nos listes avec une ambition politique élevée partagée par tous.

Il fallait de surcroît rassembler les socialistes. C’est une nécessité. Qui n’a pas entendu sur les marchés, sur son lieu de travail, les reproches sur nos divisions, nos querelles. Et chacun le sait : pour que notre rassemblement s’opère, il est indispensable que notre diversité politique soit prise en compte.

Les listes adoptées par notre Conseil national, par 93,5% des voix exprimées , répondent à cette ambition politique : trois femmes sont têtes de listes sur huit, la règle du non cumul du mandat de député européen avec la direction d’un exécutif est respecté; le renouvellement et l'équilibre anciens/nouveaux est assuré (sur vingt-six députés candidats sortants, treize sont reconduits en position éligible); la diversité est garantie avec six candidats en position éligible.

Et le rassemblement du parti est réalisé et nous l’assumons. Il fallait un accord politique entre nos motions pour se rassembler pour que ne recommencent pas nos divisions.

Nous savons qu’il y a des déceptions. Comment pouvait-il en être autrement quand, il y a plus de 750 candidats pour 72 places de titulaires, quand 26 députés sortants se représentent ? Comment pouvait-il en être autrement dès lors que nous avions choisi la logique du renouvellement, du non-cumul ?

Venons-en à votre circonscription Centre-Auvergne-Limousin. Les trois fédérations du Limousin ont proposé la candidature de Jean-Paul Denanot comme tête de liste. Jean-Paul est un grand Président de Région. C’est un acteur important de la formation professionnelle dans notre pays. Mais il était évident que sa candidature posait un problème par rapport aux règles que nous avions retenues à l’unanimité de la commission électorale sur le non-cumul des mandats. Et honnêtement, l’idée que l’un de nos présidents de région puisse démissionner à moins d’un an des élections régionales, en plein débat sur la réforme Balladur, était pour le moins inopportune. Ajoutons que d’autres candidats touchés par cette règle interne ont d’ailleurs du retirer leur candidature dans plusieurs circonscriptions.

Cette élection européenne a lieu dans de grandes circonscriptions interrégionales. Votre circonscription s’étend des pourtours de la Région Parisienne à ceux de l’Aquitaine. Il fallait comme tête de liste un homme ou une femme d’expérience, avec une stature nationale, connaissant les enjeux européens et les arcanes du Parlement de Strasbourg. C’est le cas d’Henri Weber que le conseil national a retenu pour conduire la liste. Il est accompagné de candidats qui représentent l’ensemble de votre circonscription.

Aujourd’hui on veut nous faire croire que la commission électorale à refusé un candidat du Limousin parmi les cinq titulaires de notre liste. Ce n’est pas exact. Lors de la réunion régionale, il n’a été proposé aucune autre candidature que celle de Jean-Paul Denanot. Sa candidature n’était proposée que pour être en position éligible. Il n’a d’ailleurs pas souhaité, ce que nous comprenons être en position inéligible.

Il n’était pas possible que chaque département de France soit représenté en position éligible. Si nous comprenons une nouvelle fois les déceptions, ils ne peuvent mettre à bas un travail qui rassemble largement les socialistes. Cette unité est essentielle pour engager la campagne et faire le meilleur score possible.

Nous vous appelons à vous rassembler derrière les listes adoptées par notre Conseil national. Nous le sentons bien : avec notre unité retrouvée, il y a une dynamique nouvelle. Il faut l’amplifier. C’est utile pour le Limousin et pour l’ensemble du pays. Nous comptons sur vous et sur votre sens des responsabilités.

Crois, Cher Camarade, en l’expression de notre amitié socialiste.


Christophe BORGEL
Secrétaire national aux Élections et à la vie des fédérations

Alain FONTANEL
Secrétaire national à l’animation et au développement des fédérations

09 03 2009

A PROPOS DES EUROPEENNES…

Les Socialistes élaborent actuellement leurs listes de candidats pour les élections européennes de juin prochain.
Comme d’habitude, cette opération s’effectue au grand jour et, comme d’habitude, on entend bien plus fort les mécontents que ceux qui sont satisfaits. Les premiers sont d’ailleurs beaucoup plus nombreux car il y a plus de candidats qui se croient indispensables que de sièges à pourvoir…
Les amitiés, les inimitiés, les jeux d’influence, les rapports de force s’exacerbent dans cette période et certains sont peut-être tentés de jouer, à cette occasion, les prolongations du Congrès de Reims.

Ces élections, bien que disputées dans des circonscriptions qui rassemblent chacune plusieurs régions, ne sont pas des élections locales mais constituent bien un scrutin national, un test politique de première grandeur, le premier depuis l’élection présidentielle, les cantonales et les municipales dépendant trop de paramètres locaux pour prétendre à ce titre.
Pour une élection nationale, les listes ne peuvent être constituées que par la direction nationale, avec bien évidemment, in fine, la sanction démocratique du vote militant. La proportionnelle, qui est notre règle depuis Epinay et qui induit l’existence de courants de pensée, ne permet pas une autre méthode.

Parmi les huit listes approuvées, massivement, par le Conseil national du 28 février dernier, deux au moins posent problème sur le terrain : celle de la région Auvergne-Centre-Limousin et celle de la région Sud-Est. Il a été mis à leur tête des sortants, Henri Weber et Vincent Peillon, tous deux « exfiltrés » de la région Nord-Ouest où ils n’avaient plus leur place, pour des raisons politiques locale et nationale.
A mon sens, ces deux camarades auraient dû refuser leur parachutage là où ils n’ont rien à faire mais peut-être sont-ils persuadés que l’Europe ne saurait survivre sans eux… Même si leur présence coûte des sièges au PS, ils vont être, eux, élus ! Ils ne seront d’ailleurs pas les premiers à préférer leurs intérêts personnels à ceux du Parti…
En cette circonstance, Martine Aubry a pour le moins manqué de diplomatie et a agi avec une certaine brutalité mais est-ce pire que de louvoyer et d’atermoyer à l’extrême ?

Chez nous, outre le parachutage d’un camarade tête de liste sans aucun lien avec la circonscription, une autre faute majeure consiste à ne pas avoir positionné sur la liste au moins un ou une Socialiste de chaque région.
Ainsi le Limousin n’a aucun candidat alors que Jean-Paul Denanot est sortant !
Cela est franchement inadmissible. L’amertume de Jean-Paul Denanot est légitime et compréhensible, même si, à mon sens, être à la tête d’un exécutif puissant est plus important que la jouissance d’un obscur mandat parlementaire.
Ceci-dit, tous ceux qui le soutiennent aujourd’hui ont-ils fait le maximum en temps utile et leurs motivations sont-elles des plus pures ? La Fédération de la Haute-Vienne est-elle encore audible ?
Je suis d’autant plus à l’aise pour en parler que je n’ai pas été le dernier à œuvrer, en 2004, pour que Jean-Paul soit placé en 4ème position, ce qui lui a permis de siéger, trop brièvement il est vrai.
Cette année encore aussi j’ai essayé d’agir, mais étant un peu en retrait, pour des raisons que j’ai déjà évoquées et aussi d’autres, peut-être plus importantes encore, que je dirai un jour, mon influence a certainement décru.

Quoi qu’il en soit, nous devons, jusqu’à la fin du processus d’élaboration, nous battre pour que le Limousin soit représenté et notre candidat le plus naturel est bien évidemment Jean-Paul Denanot.
Mais était-ce bien nécessaire et bien efficace pour atteindre ce but de s’acoquiner avec un grand féodal, dont on sait qu’il traite comme des chiens les Socialistes qui ne mettent pas strictement leurs pas dans les siens et qui a parmi ses adjoints un ami proche de l’actuel Président de la République ?

Si les Socialistes doivent à leurs électeurs et aux Français un fonctionnement transparent et démocratique, il leur faut aussi savoir que leurs problèmes internes ne sont pas la préoccupation principale de leur électorat potentiel qui, lui, se débat dans les affres de la crise.
Nos camarades ont l’obligation d’éviter de se donner en spectacle et de fournir des armes à leurs adversaires, à Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, en premier lieu, qui ne va pas tarder à se délecter du spectacle que nous offrons, si ce n’est pas déjà fait…

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