Le Parti Socialiste a donc entamé sa énième « rénovation »…
Parmi les thèmes soumis à l’appréciation et au vote des militants, deux d’entre eux me semblent avoir une importance majeure : les primaires et le cumul des mandats.



En ce qui concerne les primaires, nous avons déjà expérimenté, pour préparer la présidentielle de 2007, des primaires « internes ». Elles ont alors opposé Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Ségolène Royal. L’obligation du recours à cette méthode avait démontré, s’il en était besoin, qu’aucune personnalité incontournable ne s’était imposée, dans un Parti affaibli. Il est à craindre, et à déplorer, que ce sera encore, hélas, également le cas lorsque nous préparerons l’échéance de 2012 si nous ne nous ressaisissons pas.
Pour désigner notre candidat en 1995, un duel a bien opposé Jospin à Emmanuelli, mais le débat ne fut pas public, il n’y a pas eu étalage médiatique de nos différences -pour ne pas dire plus- et cette sorte de « primaire » n’a pas nui au PS, loin de là, car le débat s’était déroulé entre personnes de bonne compagnie.


S’agissant des primaires ouvertes, l’aventure est plus dangereuse.
En effet, si j’ai bien compris, pourraient voter, outre les militants socialistes, tous ceux qui le voudraient, en se déclarant « électeurs de gauche » et bien entendu, parmi eux, les militants des autres partis « amis ». En outre, cela n’est pas encore très clairement exprimé, pourraient être candidats à la candidature des personnalités extérieures au PS.
Cette procédure nous ferait courir au moins deux risques graves :
- un non-socialiste pourrait être désigné, alors que les électeurs socialistes constituent la première force électorale à gauche ;
- plus dangereux, à mon sens, est le fait que les électeurs « non socialistes » pourraient choisir un candidat, membre du PS, contre l’avis d’une majorité de nos adhérents.
Ce type de désignation trouve sa cohérence et son utilité dans les pays où il n’existe pratiquement que deux forces politiques en présence. Les Etats-Unis, où seuls Républicains et Démocrates animent réellement la vie politique, en sont l’illustration type. Souvenons-nous qu’en Italie, les primaires ont conduit la gauche et le centre gauche à la catastrophe.
Enfin, cerise sur le gâteau, faudrait-il, comme le dit Bernard Poignant, soumettre à des primaires un Président socialiste sortant que nous aurons, peut-être -sans doute- un jour ?



En ce qui concerne l’interdiction du cumul des mandats importants (parlementaire/président d’exécutif puissant), après avoir longtemps été contre, puis avoir été hésitant, j’ai évolué et j’y suis maintenant plutôt favorable.
En voici les raisons.
Les cumuls parlementaire/président de conseil général ou de conseil régional ou maire de grande ville ont conduit à l’édification de véritables féodalités dans lesquelles l’influence -les ordres- partent du haut vers le bas, alors qu’en saine démocratie, les décisions doivent suivre le chemin inverse, de la base au sommet.
Ne dit-on pas qu’en certains lieux -pas chez nous bien sûr !- des chefs d’exécutifs, dispensateurs de subventions, pourraient parfois faire pression sur des maires, pour qu’ils marchent droit, en faisant planer, bien sûr à mots couverts, des menaces sur la pérennité des subventions indispensables au fonctionnement de leur commune. Heureusement que de telles pratiques n’ont pas cours chez nous !
Enfin selon des personnes prétendument bien informées, certains « grands » élus auraient tendance à donner des consignes de vote aux adhérents employés de leur collectivité et de manière générale à leurs obligés, ce qui restreindrait d’une manière certaine le libre arbitre de ces militants. C’est du moins ce qui se murmure dans des fédérations fort éloignées de la nôtre…
A cet égard, il serait intéressant de savoir quelle est la proportion, là-bas, mais aussi chez nous, des militants employés de collectivités ou d’organismes divers dirigés par des grands élus ou leurs lieutenants dans les effectifs fédéraux.
La démocratie interne dont on se gargarise toujours rencontre parfois quelques limites…


Ensuite, quand un député, un sénateur ou un député européen (là où il y en a …) est le « patron » d’une grande collectivité, cela lui donne sur ses autres collègues parlementaires un avantage considérable : en effet, il a à sa disposition, du fait de son autre mandat, des collaborateurs nombreux et de haut niveau dont les lumières lui facilitent l’exercice de sa tâche à l’Assemblée nationale, au Sénat et éventuellement au Parlement européen.
Enfin nous savons que nos militants souhaitent ardemment la fin du cumul ainsi d’ailleurs que l’ensemble du corps électoral -les sondages l’attestent.
Le candidat à la magistrature suprême qui dirait le premier, haut et fort, qu’une fois élu il ferait interdire le cumul des mandats importants, aurait sur tous les autres un avantage électoral certain.
Ce serait d’ailleurs étonnant que le président Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa ne s’empare pas de l’idée et ne la mette pas en musique…



P.S. qui n’a rien à voir avec ce qui précède : certains d’entre vous se sont émus de ne pas me voir au repas des Socialistes vendredi dernier 18 septembre. Qu’ils se rassurent, je n’étais pas souffrant ; j’étais tout simplement en mission pour le Sénat en Océanie.