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.de Jean-Pierre DEMERLIAT

de Jean-Pierre DEMERLIAT

18 03 2010

Abstention, suite…

Aux quelques politologues distingués à qui mes réflexions sur l’abstention paraissent loufoques, je conseille la lecture du Monde du jeudi 18 mars 2010, page 9…


16 03 2010

POINT DE VUE…

Les ménages à trois sont un des thèmes classiques du vaudeville. Dans la vraie vie, c’est souvent moins drôle. Mais en politique, le mariage de la carpe, du lapin et d’un troisième comparse devient vite difficile à gérer et peut même paraître grotesque.

On se demande bien ce qui pourrait être à l’origine des amours, en Limousin, d’un PC en perdition, de mélenchonistes en mal de notoriété et de trotskistes dont la principale raison d’être, depuis très longtemps, ici comme partout, est de prendre suffisamment de voix à la gauche de gouvernement pour l’empêcher d’exercer le pouvoir.

Mélenchon a créé son mini-parti pour permettre à son grand leader, c’est-à-dire lui-même, de demeurer parlementaire, son maintien au Sénat risquant fort de lui être interdit en 2011 par les socialistes de l’Essonne, revenus du personnage, même si d’aventure il était resté des leurs.
L’homme, qui ne manque pas de talent, sinon de qualités, a réussi, pour au moins le temps de se faire élire au Parlement européen, son OPA sur le PC dont il avait d’ailleurs rejoint le groupe parlementaire au Sénat. Après tout, le couple Mélenchon-PC stalinien résiduel a peut-être sa cohérence…

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15 03 2010

L’ABSTENTION, L’ABSTENTION VOUS DIS-JE !

Si Sarkozy, son Fillon, son gouvernement et sa majorité ont pris une mémorable raclée au premier tour des élections régionales c’est, ils ont raison de le dire, en grande partie à cause de l’abstention.
Des électeurs se sont effectivement abstenus en grand nombre, mais ce sont avant tout leurs électeurs qui se sont abstenus !

On ne s’abstient pas par hasard, parce que c’est dans l’air du temps, parce qu’on préfère aller à la pêche à la ligne, aux champignons ou rester au coin du feu.
On s’abstient quand on n’a plus confiance dans les responsables de son propre camp et qu’on n’a pas encore décidé de franchir le pas et de voter contre eux.
L’abstention est donc la plupart du temps une attitude réfléchie : un abstentionniste est d’abord un électeur mécontent de ses propres amis politiques.

Dans tous les scrutins, c’est surtout la mobilisation des abstentionnistes potentiels qui donne la victoire. En effet, rares sont les citoyens qui, dans un premier temps, changent de camp pour manifester leur mécontentement. Quand ils sont déçus, ils commencent par s’abstenir. Contrairement à ce que croient certains, la victoire ne tient pas, sauf circonstance exceptionnelle, aux changements de pieds des électeurs.

La victoire va donc vers ceux dont le camp se mobilise sans problème ; l’échec politique avéré d’une majorité ouvre toujours un boulevard à ses adversaires.

Le scrutin du dimanche 14 mars est bel et bien un désaveu du Président de la République, de ses amis et de leur politique, désaveu infligé par celles et ceux qui leur avaient fait confiance et qui sont maintenant déçus.

La droite a donc raison de dire que l’abstention est la principale cause de son échec mais elle est malhonnête lorsqu’elle attribue à celle-ci une signification qu’elle n’a absolument pas.


09 03 2010

FRANÇOIS MITTERRAND AVAIT VU JUSTE…

Je ne puis résister au plaisir d’attirer votre attention sur cette réflexion de François Mitterrand glanée dans un ouvrage de Michel Charasse :

« En fait, je suis le dernier des grands présidents… Enfin je veux dire le dernier de la lignée de De Gaulle. Après moi il n’y en aura plus d’autres en France… À cause de l’Europe… À cause de la mondialisation… À cause de l’évolution nécessaire des institutions… Dans le futur, ce régime pourra toujours s’appeler la Ve République… Mais rien ne sera plus pareil. Le Président deviendra une sorte de super-Premier ministre, il sera fragile. Il sera obligé de cohabiter avec une Assemblée qui aura accumulé bien des rancoeurs et des rivalités et qui, à tout moment, pourra se rebeller. Et ce sera la cohabitation permanente, une sorte de retour à la quatrième. »

(FRANÇOIS MITTERRAND, Pensées, répliques et anectodes, choisies et présentées par MICHEL CHARASSE, Le Cherche Midi, 2006, Paris)

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