Les ménages à trois sont un des thèmes classiques du vaudeville. Dans la vraie vie, c’est souvent moins drôle. Mais en politique, le mariage de la carpe, du lapin et d’un troisième comparse devient vite difficile à gérer et peut même paraître grotesque.

On se demande bien ce qui pourrait être à l’origine des amours, en Limousin, d’un PC en perdition, de mélenchonistes en mal de notoriété et de trotskistes dont la principale raison d’être, depuis très longtemps, ici comme partout, est de prendre suffisamment de voix à la gauche de gouvernement pour l’empêcher d’exercer le pouvoir.

Mélenchon a créé son mini-parti pour permettre à son grand leader, c’est-à-dire lui-même, de demeurer parlementaire, son maintien au Sénat risquant fort de lui être interdit en 2011 par les socialistes de l’Essonne, revenus du personnage, même si d’aventure il était resté des leurs.
L’homme, qui ne manque pas de talent, sinon de qualités, a réussi, pour au moins le temps de se faire élire au Parlement européen, son OPA sur le PC dont il avait d’ailleurs rejoint le groupe parlementaire au Sénat. Après tout, le couple Mélenchon-PC stalinien résiduel a peut-être sa cohérence…

Mais pourquoi donc tenter cette expérience inédite : l’union de Mélenchon, du PC canal historique et des trotskistes ?

Mélenchon et le PC, s’ils clament depuis toujours leur volonté de déplacer le centre de gravité de la gauche de gouvernement le plus à gauche possible, revendiquent toute leur place en son sein, d’autant plus que la proximité du pouvoir, local et national -et de ses avantages-, ne les a jamais rebutés…

On comprend mal leur union avec des gens qui, idéologiquement, historiquement, ont toujours été des adversaires acharnés du Parti Communiste -les défunts Léon Trotski et Joseph Staline doivent bien sourire…- et qui d’autre part ont une tactique et une stratégie diamétralement opposées à la leur…

Le leader communiste régional, homme d’expérience, savait très bien, dès le départ, qu’en s’alliant avec les amis de Besancenot, dont l’objectif principal est de détruire la social-démocratie (et aussi le PC…), rendait impossible l’arrivée de toutes les composantes de sa coalition sur une liste d’union au second tour. Il savait très bien que les Socialistes, mais aussi leurs alliés naturels du premier et du second tours, ne pouvaient accepter la présence d’adversaires irréductibles dans l’exécutif régional, pas plus d’ailleurs que dans la majorité.

A-t-il conclu cette alliance contre-nature dans le seul but de rendre impossible l’union de toute la gauche au second tour ? C’est plausible, vraisemblable même, quand on sait que dès dimanche soir, et toute la journée de lundi, il a présenté des exigences qu’il savait inacceptables pour les Socialistes et leurs amis et alliés. Peut-être en saurons-nous plus un jour …

Quoi qu’il en soit, toutes les composantes de la liste Limousin, Terre d’avenir, si elles regrettent l’absence de représentants du Parti Communiste parmi elles, sont unanimement convaincues que la solution retenue est la meilleure.

Il semblerait bien d’ailleurs que ce soit l’opinion de l’ensemble de l’électorat de gauche.


PS 1 : Jean-Pierre Demerliat n’exerce plus -c’est son choix- de responsabilités de premier plan au sein de la Fédération socialiste de la Haute-Vienne.
Il ne l’engage donc pas…

PS 2 : Il serait sans doute bon, qu’un jour, toutes les péripéties des négociations d’après premier tour soient contées…