Dès le printemps, bien que je ne sois pas un strauss-kahnien historique, j’avais pris position en faveur de Dominique Strauss-Kahn. En effet, je considérais qu’il arriverait très largement en tête à la désignation, ce qui lui aurait donné une grande légitimité, qu’il pouvait être élu avec une avance importante, et, une fois président, gouverner dans cette période extrêmement difficile avec les compétences, l’expérience et la volonté qui sont les siennes.

Les accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn à New-York l’ont empêché de poursuivre son projet.

Aujourd’hui, la possibilité qu’il soit mis hors de cause revêt la même importance que sa mise en accusation.

Si cela était le cas, ce coup de tonnerre changerait assurément la donne pour les échéances de 2012.

Les dirigeants socialistes et les candidats à la primaire s’honoreraient et rendraient un immense service à notre parti, à nos électeurs, à la gauche et à la France toute entière en proposant de geler le processus de désignation jusqu’à ce que la justice américaine éclaircisse la situation.

Cette suspension me semble moralement et politiquement indispensable.

Cela aurait des avantages supplémentaires : il faut se souvenir que chaque fois que le PS et son leader du moment ont connu la victoire ou des succès majeurs, ce fut à la suite d’une campagne courte menée par un responsable légitimé par une large majorité de ses amis.

Aujourd’hui, ces deux conditions sont loin d’être réunies : Martine Aubry et François Hollande semblent être au coude à coude et la bataille pour laquelle nous nous préparons tous n’aura lieu que dans un an.

Le peuple de gauche et au-delà de lui, tous les Français qui n’en peuvent plus de subir la mal-gouvernance du président actuel exigent de nous un comportement qui mette toutes les chances de la victoire de notre côté.

C’est pourquoi le PS doit suspendre le processus des primaires et au cas, probable, ou les poursuites contre Dominique Strauss-Kahn seraient abandonnées, doit lui laisser le temps de se reconstruire, de s’expliquer et de prendre ses décisions en toute sérénité.

Les petites ou les grandes ambitions dussent-elles passer par pertes et profits, l’intérêt de toutes et de tous commande que les socialistes et leurs amis remettent à la rentrée prochaine le processus de désignation.