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.de Jean-Pierre DEMERLIAT

de Jean-Pierre DEMERLIAT

18 03 2010

Abstention, suite…

Aux quelques politologues distingués à qui mes réflexions sur l’abstention paraissent loufoques, je conseille la lecture du Monde du jeudi 18 mars 2010, page 9…


16 03 2010

POINT DE VUE…

Les ménages à trois sont un des thèmes classiques du vaudeville. Dans la vraie vie, c’est souvent moins drôle. Mais en politique, le mariage de la carpe, du lapin et d’un troisième comparse devient vite difficile à gérer et peut même paraître grotesque.

On se demande bien ce qui pourrait être à l’origine des amours, en Limousin, d’un PC en perdition, de mélenchonistes en mal de notoriété et de trotskistes dont la principale raison d’être, depuis très longtemps, ici comme partout, est de prendre suffisamment de voix à la gauche de gouvernement pour l’empêcher d’exercer le pouvoir.

Mélenchon a créé son mini-parti pour permettre à son grand leader, c’est-à-dire lui-même, de demeurer parlementaire, son maintien au Sénat risquant fort de lui être interdit en 2011 par les socialistes de l’Essonne, revenus du personnage, même si d’aventure il était resté des leurs.
L’homme, qui ne manque pas de talent, sinon de qualités, a réussi, pour au moins le temps de se faire élire au Parlement européen, son OPA sur le PC dont il avait d’ailleurs rejoint le groupe parlementaire au Sénat. Après tout, le couple Mélenchon-PC stalinien résiduel a peut-être sa cohérence…

Mais pourquoi donc tenter cette expérience inédite : l’union de Mélenchon, du PC canal historique et des trotskistes ?

Mélenchon et le PC, s’ils clament depuis toujours leur volonté de déplacer le centre de gravité de la gauche de gouvernement le plus à gauche possible, revendiquent toute leur place en son sein, d’autant plus que la proximité du pouvoir, local et national -et de ses avantages-, ne les a jamais rebutés…

On comprend mal leur union avec des gens qui, idéologiquement, historiquement, ont toujours été des adversaires acharnés du Parti Communiste -les défunts Léon Trotski et Joseph Staline doivent bien sourire…- et qui d’autre part ont une tactique et une stratégie diamétralement opposées à la leur…

Le leader communiste régional, homme d’expérience, savait très bien, dès le départ, qu’en s’alliant avec les amis de Besancenot, dont l’objectif principal est de détruire la social-démocratie (et aussi le PC…), rendait impossible l’arrivée de toutes les composantes de sa coalition sur une liste d’union au second tour. Il savait très bien que les Socialistes, mais aussi leurs alliés naturels du premier et du second tours, ne pouvaient accepter la présence d’adversaires irréductibles dans l’exécutif régional, pas plus d’ailleurs que dans la majorité.

A-t-il conclu cette alliance contre-nature dans le seul but de rendre impossible l’union de toute la gauche au second tour ? C’est plausible, vraisemblable même, quand on sait que dès dimanche soir, et toute la journée de lundi, il a présenté des exigences qu’il savait inacceptables pour les Socialistes et leurs amis et alliés. Peut-être en saurons-nous plus un jour …

Quoi qu’il en soit, toutes les composantes de la liste Limousin, Terre d’avenir, si elles regrettent l’absence de représentants du Parti Communiste parmi elles, sont unanimement convaincues que la solution retenue est la meilleure.

Il semblerait bien d’ailleurs que ce soit l’opinion de l’ensemble de l’électorat de gauche.


PS 1 : Jean-Pierre Demerliat n’exerce plus -c’est son choix- de responsabilités de premier plan au sein de la Fédération socialiste de la Haute-Vienne.
Il ne l’engage donc pas…

PS 2 : Il serait sans doute bon, qu’un jour, toutes les péripéties des négociations d’après premier tour soient contées…

15 03 2010

L’ABSTENTION, L’ABSTENTION VOUS DIS-JE !

Si Sarkozy, son Fillon, son gouvernement et sa majorité ont pris une mémorable raclée au premier tour des élections régionales c’est, ils ont raison de le dire, en grande partie à cause de l’abstention.
Des électeurs se sont effectivement abstenus en grand nombre, mais ce sont avant tout leurs électeurs qui se sont abstenus !

On ne s’abstient pas par hasard, parce que c’est dans l’air du temps, parce qu’on préfère aller à la pêche à la ligne, aux champignons ou rester au coin du feu.
On s’abstient quand on n’a plus confiance dans les responsables de son propre camp et qu’on n’a pas encore décidé de franchir le pas et de voter contre eux.
L’abstention est donc la plupart du temps une attitude réfléchie : un abstentionniste est d’abord un électeur mécontent de ses propres amis politiques.

Dans tous les scrutins, c’est surtout la mobilisation des abstentionnistes potentiels qui donne la victoire. En effet, rares sont les citoyens qui, dans un premier temps, changent de camp pour manifester leur mécontentement. Quand ils sont déçus, ils commencent par s’abstenir. Contrairement à ce que croient certains, la victoire ne tient pas, sauf circonstance exceptionnelle, aux changements de pieds des électeurs.

La victoire va donc vers ceux dont le camp se mobilise sans problème ; l’échec politique avéré d’une majorité ouvre toujours un boulevard à ses adversaires.

Le scrutin du dimanche 14 mars est bel et bien un désaveu du Président de la République, de ses amis et de leur politique, désaveu infligé par celles et ceux qui leur avaient fait confiance et qui sont maintenant déçus.

La droite a donc raison de dire que l’abstention est la principale cause de son échec mais elle est malhonnête lorsqu’elle attribue à celle-ci une signification qu’elle n’a absolument pas.


09 03 2010

FRANÇOIS MITTERRAND AVAIT VU JUSTE…

Je ne puis résister au plaisir d’attirer votre attention sur cette réflexion de François Mitterrand glanée dans un ouvrage de Michel Charasse :

« En fait, je suis le dernier des grands présidents… Enfin je veux dire le dernier de la lignée de De Gaulle. Après moi il n’y en aura plus d’autres en France… À cause de l’Europe… À cause de la mondialisation… À cause de l’évolution nécessaire des institutions… Dans le futur, ce régime pourra toujours s’appeler la Ve République… Mais rien ne sera plus pareil. Le Président deviendra une sorte de super-Premier ministre, il sera fragile. Il sera obligé de cohabiter avec une Assemblée qui aura accumulé bien des rancoeurs et des rivalités et qui, à tout moment, pourra se rebeller. Et ce sera la cohabitation permanente, une sorte de retour à la quatrième. »

(FRANÇOIS MITTERRAND, Pensées, répliques et anectodes, choisies et présentées par MICHEL CHARASSE, Le Cherche Midi, 2006, Paris)

18 02 2010

LA REFORME TERRITORIALE

Rappelons que la réforme territoriale fait suite au Rapport du Comité pour la réforme des collectivités locales présidé par E. Balladur.
Elle compte 4 projets de loi :
· le projet de loi organique relatif à l’élection des membres des conseils des collectivités territoriales et des établissements publics de coopération intercommunale
· le projet de loi relatif à l’élection des conseillers territoriaux et au renforcement de la démocratie locale
· le projet de loi organisant la concomitance des renouvellements des conseils généraux et des conseils régionaux
· le projet de loi de réforme des collectivités territoriales

***


Voici les principales dispositions du projet de loi de réforme des collectivités territoriales adopté par le Sénat le 4 février 2010 et transmis à l’Assemblée nationale. Les sénateurs socialistes ont bien évidemment voté contre ce projet.
(Je n’ai pas personnellement participé à cette discussion mais beaucoup d’entre vous m’ont demandé ce rapport d’étape).

Création du conseiller territorial :
Nouvel élu, il remplacera en mars 2014 les conseillers généraux et les conseillers régionaux.
Il siègera donc à la fois au Conseil général et au Conseil régional.
Son mode d’élection sera défini ultérieurement.
L’article 1er A (nouvel article) du projet de loi fait toutefois état à propos du mode d’élection d’un scrutin mixte : un scrutin uninominal pour assurer la représentation des territoires et un scrutin de liste proportionnel pour assurer l’expression du pluralisme politique, la représentation démographique et la parité.

L’élection au suffrage universel par fléchage des conseillers communautaires :
Ils seront élus « dans le cadre » des élections municipales.
Ceux qui seront amenés à siéger au Conseil municipal et au Conseil communautaire seront signalés par un « fléchage ».

Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) :
La répartition des sièges dans les organes délibérants des EPCI à fiscalité propre assurera la représentation des territoires sur une base démographique et territoriale : chaque commune disposera d’au moins un siège et aucune ne pourra disposer de plus de la moitié des sièges.
Le nombre de sièges des organes délibérants de ces EPCI variera de 16 (EPCI de moins de 3500 habitants) à 130 (EPCI de plus de 1 million d’habitants).
Le nombre de VP sera limité.

La création des métropoles :
Il s’agit d’une nouvelle catégorie d’EPCI à fiscalité propre.
Elles regrouperont des communes d’un seul tenant et sans enclave représentant plus de 450 000 habitants.
Leurs compétences seront élargies : elles récupéreront ainsi des compétences des communes, des communautés urbaines et des départements.
Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse… bénéficieront de ce nouveau statut.

Création des pôles métropolitains :
Il s’agit d’un Etablissement Public constitué par accord entre des EPCI à fiscalité propre.
Ils regrouperont des EPCI à fiscalité propre formant un ensemble de plus de 300 000 habitants, l’un d’entre eux devra compter plus de 150 000 habitants.

Création des communes nouvelles :
Elles pourront être créées aux lieu et place de communes contiguës.
Leur création sera subordonnée à la consultation des personnes inscrites sur les listes électorales municipales de chacune des communes concernées.

Regroupements de départements et de régions :
Des départements formant un territoire continu pourront être regroupés en un seul.
Après délibérations concordantes des départements concernés, le gouvernement ne pourra donner suite qu’avec l’accord des personnes inscrites sur les listes électorales des communes appartenant à ces départements.

Il en est de même pour des régions formant un territoire continu. La procédure est identique. Seule différence, le projet de regroupement sera soumis préalablement pour avis aux Conseils généraux membres des régions concernées.

Possibilité pour un département d’être rattaché à une région limitrophe.

Achèvement de l’intercommunalité :
Le préfet devra arrêter au 31 décembre 2011 le schéma départemental de coopération intercommunal élaboré par les représentants des collectivités afin de permettre l’adhésion de toutes les communes à une structure intercommunale avant le 1er janvier 2014.

Le préfet aura la possibilité de rattacher une commune n’appartenant à aucun EPCI à fiscalité propre à un EPCI existant. Pour cela, il faudra néanmoins l’accord de l’organe délibérant de l’EPCI et de la Commission départementale de coopération intercommunale.

Pays :
La création des pays sera désormais impossible, l’article 22 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 étant abrogé.
Les contrats de pays conclus antérieurement à cette abrogation continueront d’être exécutés.

08 02 2010

LE VRAI MAUVAIS COUP

On sait depuis bien avant son élection à l'Elysée que Nicolas Sarkozy procède, avec le plus grand mépris pour le qu'en dira-t-on, par « coups » brutaux. Son orgueil incommensurable l'empêche de se rendre compte que, même quand il réussit à les mener à leurs termes, cela n'améliore pas son image, loin de là, -ce qui n'est pas un mal en soi...
L'instauration du bouclier fiscal et, plus récemment, la nomination de Proglio à la tête d'EDF tout en lui permettant de continuer à diriger VEOLIA et à cumuler les rémunérations, pour ne citer que ces deux exemples, en sont l'illustration. Quand ça rate, -la tentative d'installer à la hussarde son jeune fils à la direction de l'EPAD-, ça tourne carrément à la Bérézina médiatique. Il n'en n'a cure, et pense que, comme un canard, en secouant ses plumes, il redeviendra net.

Néanmoins, pour les gros coups, il affine sa stratégie : tel un magicien de foire, il attire l'attention du bon peuple sur la poussière de ses chaussures pour mieux le délester de sa montre.
Ainsi procède-t-il pour vendre sa réforme territoriale.
En dénonçant la superposition des structures politico-administratives de notre pays, il ne déplait pas trop à nos concitoyens, souvent peu informés. En effet, ceux-ci se sentent parfois un peu perdus face aux Pays, aux divers syndicats communaux et intercommunaux, à vocation unique ou multiple, et aux Communautés de Communes. Les Conseils Généraux et Régionaux et surtout les Conseils municipaux et leurs Maires sont mieux identifiés, même si leurs compétences respectives sont parfois floues dans l'esprit de beaucoup.
Mais c'est surtout en s'attaquant au nombre des élus, trop élevé à son sens, qu'il a cru frapper un grand coup. Pensez-donc : diviser par deux la population des Conseillers Généraux et Régionaux, ça permettrait de faire de sacrées économies ! Venant de quelqu'un qui s'est octroyé l'augmentation que l'on sait dès sa prise de fonction, ça ne manque pas de sel...
Rappelons simplement que l'indemnisation des élus a été instaurée pour que même les plus modestes des citoyens puissent accéder aux responsabilités. Il fut un temps où seuls les riches oisifs avaient la possibilité matérielle de gérer les affaires publiques. Notre Président semble regretter cette époque où il suffisait d'être «né» et fortuné pour conduire les affaires publiques... Quant au nombre des élus locaux, tous les responsables d'exécutifs vous diront qu'étant donné la multiplication des tâches et celles des manifestations où la présence d'un élu est indispensable, il conviendrait plutôt de l'augmenter !

Bien évidemment, Nicolas Sarkozy sait tout ceci. Simplement, il a prévu de profiter du grand chambardement qu'il a organisé à cet effet pour faire passer une autre pilule, beaucoup plus amère et dangereuse celle-là.

Il espérait bien, en effet, et il a vu juste, que tous les élus, de tous bords, et même du sien, porteraient l'essentiel de leurs efforts sur la dénonciation de la réforme des collectivités et notamment, sur la création des «Conseillers territoriaux», sensés remplacer les Conseillers généraux et régionaux. Effectivement, chacun est monté derechef au créneau pour défendre son pré carré. Les gens de droite se sont vite calmés, c'était prévu. Seuls les élus et responsables de l'opposition poursuivent fermement ce juste combat, et ils iront bien entendu jusqu'au Conseil Constitutionnel.

Sarkozy a sciemment organisé tout ce tohu-bohu, pour cacher la seule réforme qui lui importe derrière un rideau de fumée et tenter de la faire adopter subrepticement : l'instauration du scrutin majoritaire uninominal à un seul tour !
Actuellement, pour les élections qui ne se déroulent pas à la proportionnelle, il y a deux tours à chaque consultation. Traditionnellement, au premier tour, on se compte, et au second, on s'unit.

Avec le scrutin majoritaire uninominal A UN SEUL TOUR, c'est le candidat qui arrive en tête qui est élu. Ce type de scrutin ne trouve sa pertinence que là où il n'existe que deux, -seulement deux-, formations politiques. Ces pays sont rares. Dans tous les autres, cette manière d'élire les représentants, si elle était instituée, serait malhonnête !
En effet, le candidat du camp qui est autoritairement rassemblé par un «grand leader» sera toujours devant ceux du camp qui souhaite démocratiquement que les électeurs départagent ses diverses composantes.

C'est par cette méthode déloyale que notre grand Président veut faire élire les futurs Conseillers territoriaux.

En réalité, dans cette affaire, la seule chose qui l'intéresse est de tester et de banaliser ce nouveau type de scrutin. Si ça passe sans faire trop de bruit, on l'appliquera aussi et surtout, et sans tarder, aux législatives, et ainsi, la droite sera pour longtemps au pouvoir, car, pour l'instant, on ne voit pas comment toute la gauche pourrait s'accorder d'emblée sur un candidat commun dans toutes les circonscriptions.

Le peuple de gauche, et aussi, espérons-le, tous les démocrates, ne doivent pas se laisser abuser par le prestidigitateur, en méconnaissant cette donnée essentielle. Le devoir de leurs responsables et de leurs élus doit les conduire à se mobiliser, en priorité, pour faire échouer cette tentative de mauvais coup.


28 12 2009

VOEUX DE JEAN-PIERRE DEMERLIAT

En cette période de fêtes, mes pensées vont tout d’abord vers celles et ceux qui souffrent de la maladie, de la solitude, des intempéries et qui manquent de l’essentiel.

2009 a malheureusement vu les conditions de vie de la plupart des travailleurs, des retraités, des chômeurs et des jeunes se dégrader encore plus alors, que pendant ce temps, celles des plus riches n’ont cessé de se conforter.
Les responsables de la majorité actuelle agitent à nouveau l’épouvantail de l’identité nationale et de l’immigration pour détourner notre attention des vrais problèmes : l’emploi, la protection sociale, la sauvegarde de nos retraites, l’éducation… Ne nous laissons pas tromper : notre pays ne sera réellement fort que lorsque les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité seront portées haut et fort par un gouvernement soucieux de justice et de paix sociale.

2010 sera encore une année importante pour nous : nous serons amenés à renouveler nos conseils régionaux. Espérons qu’à cette occasion la volonté de construire une société plus juste l’emporte sur les égoïsmes locaux, les incantations ou l’angélisme.
A deux ans des importantes échéances électorales de 2012, la gauche, et plus particulièrement sa principale force, le Parti socialiste, devra tout mettre en œuvre afin de ne pas réitérer les erreurs du passé, -au plan national comme plus près de nous...-.

A chacune et à chacun d’entre vous, je souhaite santé, bonheur et réussite personnelle.

A toutes et à tous, bonne année 2010.

22 12 2009

A BIENTOT...

Cher(e)s Ami(e)s,

Beaucoup d’entre vous se demandent -et me demandent -les raisons de mon silence sur ce site depuis quelque temps déjà. C’est tout simplement parce que, une fois de plus, la France va voter et que le Parti Socialiste -mon parti- est à nouveau en campagne. Il n’est pas le seul, mais seuls ses intérêts m’importent. Comme il arrive que les gens soient parfois méchants, il se trouverait sans nul doute quelques personnes mal intentionnées pour déformer mes propos, si je m’exprimais sans fard, et s’en servir comme armes à l’encontre des mes camarades.
D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’on a des choses à dire qu’il faut forcément ouvrir son bec…
Rendez-vous donc au mois d’avril, époque où je me sentirai -comment dire ?- moins contraint…
Bonnes fêtes à toutes et à tous et bonne année 2010.

24 09 2009

RENOVONS, RENOVONS, ESPERONS…

Le Parti Socialiste a donc entamé sa énième « rénovation »…
Parmi les thèmes soumis à l’appréciation et au vote des militants, deux d’entre eux me semblent avoir une importance majeure : les primaires et le cumul des mandats.



En ce qui concerne les primaires, nous avons déjà expérimenté, pour préparer la présidentielle de 2007, des primaires « internes ». Elles ont alors opposé Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Ségolène Royal. L’obligation du recours à cette méthode avait démontré, s’il en était besoin, qu’aucune personnalité incontournable ne s’était imposée, dans un Parti affaibli. Il est à craindre, et à déplorer, que ce sera encore, hélas, également le cas lorsque nous préparerons l’échéance de 2012 si nous ne nous ressaisissons pas.
Pour désigner notre candidat en 1995, un duel a bien opposé Jospin à Emmanuelli, mais le débat ne fut pas public, il n’y a pas eu étalage médiatique de nos différences -pour ne pas dire plus- et cette sorte de « primaire » n’a pas nui au PS, loin de là, car le débat s’était déroulé entre personnes de bonne compagnie.


S’agissant des primaires ouvertes, l’aventure est plus dangereuse.
En effet, si j’ai bien compris, pourraient voter, outre les militants socialistes, tous ceux qui le voudraient, en se déclarant « électeurs de gauche » et bien entendu, parmi eux, les militants des autres partis « amis ». En outre, cela n’est pas encore très clairement exprimé, pourraient être candidats à la candidature des personnalités extérieures au PS.
Cette procédure nous ferait courir au moins deux risques graves :
- un non-socialiste pourrait être désigné, alors que les électeurs socialistes constituent la première force électorale à gauche ;
- plus dangereux, à mon sens, est le fait que les électeurs « non socialistes » pourraient choisir un candidat, membre du PS, contre l’avis d’une majorité de nos adhérents.
Ce type de désignation trouve sa cohérence et son utilité dans les pays où il n’existe pratiquement que deux forces politiques en présence. Les Etats-Unis, où seuls Républicains et Démocrates animent réellement la vie politique, en sont l’illustration type. Souvenons-nous qu’en Italie, les primaires ont conduit la gauche et le centre gauche à la catastrophe.
Enfin, cerise sur le gâteau, faudrait-il, comme le dit Bernard Poignant, soumettre à des primaires un Président socialiste sortant que nous aurons, peut-être -sans doute- un jour ?



En ce qui concerne l’interdiction du cumul des mandats importants (parlementaire/président d’exécutif puissant), après avoir longtemps été contre, puis avoir été hésitant, j’ai évolué et j’y suis maintenant plutôt favorable.
En voici les raisons.
Les cumuls parlementaire/président de conseil général ou de conseil régional ou maire de grande ville ont conduit à l’édification de véritables féodalités dans lesquelles l’influence -les ordres- partent du haut vers le bas, alors qu’en saine démocratie, les décisions doivent suivre le chemin inverse, de la base au sommet.
Ne dit-on pas qu’en certains lieux -pas chez nous bien sûr !- des chefs d’exécutifs, dispensateurs de subventions, pourraient parfois faire pression sur des maires, pour qu’ils marchent droit, en faisant planer, bien sûr à mots couverts, des menaces sur la pérennité des subventions indispensables au fonctionnement de leur commune. Heureusement que de telles pratiques n’ont pas cours chez nous !
Enfin selon des personnes prétendument bien informées, certains « grands » élus auraient tendance à donner des consignes de vote aux adhérents employés de leur collectivité et de manière générale à leurs obligés, ce qui restreindrait d’une manière certaine le libre arbitre de ces militants. C’est du moins ce qui se murmure dans des fédérations fort éloignées de la nôtre…
A cet égard, il serait intéressant de savoir quelle est la proportion, là-bas, mais aussi chez nous, des militants employés de collectivités ou d’organismes divers dirigés par des grands élus ou leurs lieutenants dans les effectifs fédéraux.
La démocratie interne dont on se gargarise toujours rencontre parfois quelques limites…


Ensuite, quand un député, un sénateur ou un député européen (là où il y en a …) est le « patron » d’une grande collectivité, cela lui donne sur ses autres collègues parlementaires un avantage considérable : en effet, il a à sa disposition, du fait de son autre mandat, des collaborateurs nombreux et de haut niveau dont les lumières lui facilitent l’exercice de sa tâche à l’Assemblée nationale, au Sénat et éventuellement au Parlement européen.
Enfin nous savons que nos militants souhaitent ardemment la fin du cumul ainsi d’ailleurs que l’ensemble du corps électoral -les sondages l’attestent.
Le candidat à la magistrature suprême qui dirait le premier, haut et fort, qu’une fois élu il ferait interdire le cumul des mandats importants, aurait sur tous les autres un avantage électoral certain.
Ce serait d’ailleurs étonnant que le président Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa ne s’empare pas de l’idée et ne la mette pas en musique…



P.S. qui n’a rien à voir avec ce qui précède : certains d’entre vous se sont émus de ne pas me voir au repas des Socialistes vendredi dernier 18 septembre. Qu’ils se rassurent, je n’étais pas souffrant ; j’étais tout simplement en mission pour le Sénat en Océanie.

12 06 2009

Quelques réflexions à propos des élections européennes en Haute-Vienne

Les européennes de dimanche 7 juin dernier n’ont pas été bonnes, c’est le moins que l’on puisse dire : nous passons de 28,90 % en 2004 à 16,48 %, au plan national, soit une perte de 12,40 points et de 39,80 % à 22,80 % chez nous, soit une perte de 17 points.
Les raisons de notre déclin général ont été largement exposées, confrontées, débattues et je n’y reviendrai pas.
Nous avons tous en mémoire ce qui jusqu’alors s’est toujours produit dans notre département, à chaque élection : lorsque le Parti progresse, nous progressons plus que la moyenne nationale ; lorsque le Parti régresse, nous nous maintenons, nous progressons même parfois, et si nous régressons, nous régressons toujours moins qu’au plan national.
Cette fois, nous avons perdu beaucoup plus qu’au plan national (17 points contre 12,40).
Il importe donc d’en identifier les raisons et les responsables afin que cette anomalie ne se reproduise pas.

A mon sens, certaines fautes sont imputables à la direction nationale et d’autres sont d’origine locale.
Martine Aubry, pour des raisons que nous connaissons tous, s’est sentie obligée « d’exfiltrer » de la région Nord-Ouest les sortants Weber et Peillon pour faire place à ses amis locaux, de qui elle se sentait peut-être redevable… Henri Weber s’est donc retrouvé tête de liste dans notre circonscription.
De plus, peut-être pour se venger du fait que certains de nos grands élus auraient (discrètement ?) fait voter pour Ségolène Royal lors de l’élection du Premier Secrétaire, Martine Aubry a « oublié » de placer un Limousin, un Haut-viennois, dans la liste Massif Central-Centre, alors que nous avions deux sortants consécutifs : Bernadette Bourzai et Jean-Paul Denanot qui lui a succédé lorsqu’elle a été élue sénatrice de la Corrèze en septembre dernier.
Les Limousins, les Haut-viennois en tête, ont naturellement et justement mené la révolte contre cette liste, récusant à la fois le parachutage de Weber et l’absence d’un des leurs.
La présence de Henri Weber en tête de liste, décidée par la direction nationale, souveraine en la matière, ne pouvait être contestée dans une élection de ce type. (La politique, c’est aussi l’art du possible). Le combat légitime pour qu’un candidat Limousin, -un Haut-viennois-, figure à une place convenable a donc fortement pâtit de l’amalgame.
Si nos responsables s’étaient émus et activés très en amont, nous aurions certainement, d’entrée de jeu, obtenu soit la 2ème place pour une camarade femme, pourquoi pas pour Monique Boulestin dont la circonscription sera très certainement supprimée, soit la 3ème pour Jean-Paul Denanot, qui aurait ainsi progressé d’un rang par rapport à 2004 ; cela lui aurait permis, en cas de succès, de continuer à diriger la région, ce pour quoi il a été choisi par les militants et désigné par les électeurs.
La liste proposée par Martine Aubry a donc été refusée, avec raison, par une majorité de militants.

Je ne connais pas le détail des marchandages qui ont alors eu lieu chez nous et avec la direction nationale du Parti, mais des intrigues, mues par une ambition démesurée et pour le moins largement prématurée, ont fait que Jean-Paul n’a pas figuré sur la liste et que l’actuel Premier Secrétaire fédéral s’y est retrouvé, pas par hasard, apportant peu de valeur ajoutée…

La lutte qui a été menée ici contre Weber, le fait qu’on ne l’ait invité à animer aucune réunion en Haute-Vienne, ont été interprétés par notre électorat comme le signe qu’un succès modéré était souhaité. A Tulle, où François Hollande a mené campagne avec Henri Weber, les résultats ont été très bons.
Beaucoup plus grave, à mon sens, a été l’absence, sur la liste, de Jean-Paul Denanot. Celui-ci, quoique âgé de 65 ans, n’est pas encore politiquement usé. En Haute-Vienne, en Limousin, dans l’ensemble de la circonscription, la présence d’un Président de région aurait apporté les voix nécessaires à l’obtention du second siège et les meubles auraient été sauvés !
En effet, il suffisait de mobiliser moins de 0,9 % des abstentionnistes ou d’empêcher la fuite vers les Verts du même nombre d’électeurs socialistes pour que le deuxième siège nous revienne.
La présence de Jean-Paul Denanot aurait assuré ce résultat !
Jean-Paul aurait dû exiger la 3ème place au lieu de se la faire complaisamment dérober, la 1ère étant pour lui inaccessible, ce que chacun savait. Jean-Paul aurait ainsi fait preuve de dévouement, d’abnégation ; il aurait montré qu’il savait se sacrifier pour son Parti -dont il a un peu reçu…- et cette attitude aurait amélioré encore son image chez les militants et chez les électeurs, chose pas forcément inutile en vue des régionales de l’an prochain.
Ceci dit, un putsch, même s’il réussit, demeure une faute grave, mais quand il échoue, son auteur se doit de rentrer incontinent à la maison…

Diriger une fédération, ce n’est pas dire à chaque camarade ce qu’il a envie d’entendre, ce n’est pas se pousser du col, ce n’est pas privilégier ses intérêts personnels par rapport à l’intérêt collectif. Diriger une fédération, c’est déterminer, avec les instances élues, une ligne politique juste et efficace, et l’appliquer, si possible par la persuasion.
Un responsable politique n’a pas pour vocation principale d’être populaire à tout moment et en tout lieu ; sa mission est d’œuvrer en faveur de l’intérêt général.
Je ne me souviens plus qui a écrit : « celui qui ne pense qu’aux autres est peut être un imbécile mais celui qui ne pense qu’à lui est assurément un voyou »…

Il nous reste quand même quelques raisons d’espérer :
- nous restons, de peu certes, la première force politique en Haute-Vienne. C’est d’ailleurs le seul département de la grande circonscription où nous sommes en tête,
- les électeurs qui nous ont manqué se sont abstenus ou n’ont pas déserté le camp de la gauche, considérant, à tort ou à raison, que les Verts font partie de la famille. Ils sont donc susceptibles de nous faire à nouveau confiance un jour,
- Bayrou, viscéralement homme de droite, anti laïque, est revenu à un niveau qu’il n’aurait jamais dû dépasser, ni même atteindre,
- l’extrême gauche, celle qui combat surtout la gauche, fait un mauvais score, ce qui ne peut que nous réjouir et faire aussi réfléchir celles et ceux de nos amis qui ont parfois la tentation de lui faire un doigt de cour…

Chers camarades, c’est vous qui êtes le Parti socialiste, c’est à vous qu’il revient d’imposer une ligne et des pratiques conformes à nos traditions et à nos projets ; il vous faut, au moment où se prennent les décisions, faire entendre votre voix haut et fort !

Administration